Les Imposteurs | Rock à Strasbourg 1977 - 1983

Les Imposteurs

LES IMPOSTEURS

À travers la fugace explosion de 77 c’est le monde qui avait changé. Il faut dorénavant se réinventer une approche des choses. Une autre façon d’écrire l’histoire. Et vite. C’est un romantisme oublié que Les Imposteurs pratiquent, avant tout, avec les valeurs ressurgies soudain de l’aube des 60’s…

À force d’acheter des 45 tours aux pochettes ornées de scooters, Claude Prat est vite repéré par Philippe Bodet — le disquaire érudit de l’Oreille d’Or — qui lui propose dans la foulée une collaboration musicale sur la base de ses premières compositions. L’affaire est vite conclue.

Les deux novices commencent à répéter dans l’appartement que Claude partage avec son amie Marianne Seszny (Alice & Les Pickpockets) qui fini par s’installer tout naturellement derrière sa batterie pour les accompagner.

Comme les progrès de Claude à la guitare sont notables et probablement plus rapides que ceux de Philippe, ce dernier préfère se consacrer à la basse. À ce stade, le trio ainsi constitué a déjà un nom, Les Imposteurs, mais il lui reste à régler un sujet épineux : le chant.

« Martine Manzano des Horsex était disponible et j’avais naturellement pensé à elle comme chanteuse. Pour des raisons obscures cela ne convenait pas à mes partenaires. Mais peut-être avaient-ils déjà une autre idée derrière la tête… »

--- Philippe Bodet (basse) ---

Dans cette indécision il n’y a probablement pas d’autre idée derrière la tête que de monter un projet avec des gens totalement neufs. Le passé de Martine Manzano avec les Horsex l’aurait-il pénalisé ? On peut le penser. L’option était pourtant séduisante si l’on considère l’attrait notable qu’elle apportait à son précédent groupe.

Durant l’automne 1980, sur les bancs de la faculté, Claude Prat fait une deuxième rencontre importante. Dominique Glad est un fanatique comme lui du revival mod. Comme lui, il commence à jouer de la guitare. C’est donc tout naturellement que Claude propose de l’intégrer dans le groupe. Cette fois-ci, c’est au tour de Philippe Bodet de ne pas être très chaud.

« Je ne voyais pas l’intérêt de prendre un type encore plus inexpérimenté que nous. Comme Dominique sortait avec Loukoum, la chanteuse de Toxique, je craignais qu’elle fasse partie du pack. J’ai cédé à la condition qu’il ne l’impose pas comme chanteuse. En plus cela faisait beaucoup de parkas dans le groupe, et moi je n’était pas un mod. »

--- Philippe Bodet (basse) ---

Le groupe investi le local de Dorian Gray pour ses première répétitions à quatre. La place de chanteur est toujours vacante. Accessoirement un autre petit détail devient un sujet de vives discussions : le nom du groupe.

Dominique propose 'A' Bomb d’après un 45 tours de Jam. Mais Philippe n’a jamais aimé cette chanson. Et pour pousser le bouchon encore plus loin - Martine Manzano ayant fini par rejoindre Dorian Gray - il doit se résoudre à accepter une autre Martine : Loukoum.

« Loukoum était une bonne chanteuse mais absolument pas dans notre style et je manquais d’expérience musicale pour lui adapter nos morceaux. D’autre part il est certain que nos relations seraient conflictuelles : ni l’époque ni nos caractères respectifs ne permettaient les compromis. J’ai quitté le groupe car je n’en pouvais plus de ces conflits d’égos, de l’impasse musicale où l’on s’était fourrés, de ces quatre toujours en retard d’une heure au minimum aux répétitions (les gars passaient plus de temps à côté de leur Vespa à les pousser, que dessus) et de leur ridicule csque bol vissé sur la tête. »

--- Philippe Bodet (basse) ---

Philippe Bodet parti, l’imagerie scooter / parkas prend définitivement le dessus. Dominique Glad, Martine Loukoum Koeffel, Claude Prat et Marianne Seszny vont ainsi pleinement assouvir pendant quelques mois leurs fantasmes mods avec la première formation de 'A' Bomb.


Philippe Bodet monte rapidement un trio, les Wild Disney, avec les frères Heimann de Dorian Gray. On le retrouve ensuite avec Les Crabes et Les Orques. Durant l’été 1981, Claude Prat et Marianne Sesny préfèrent se consacrer à leur duo surf / trash les Visitors tandis ce que Dominique Glad et Loukoum réorientent de manière radicale 'A' Bomb.

1 commentaire

dishman a dit…

En fait, Philippe Bodet a joué, et même appris à jouer, de La basse avec Les Wild Disneys. Ce groupe éphémère est né de l'envie de Philippe de jouer dans un groupe, et de celle de Philippe et moi, respectivement batteur et guitariste de Dorian Gray, de reprendre des morceaux des Flamin' Groovies, d'Eddie Cochran et des Cramps. IL y eu quelques répétitions et une unique apparition au printemps 81 avec Toxique, dont La chanteuse était Loukoum, au centre socio culturel du Marais. Prestation rendue difficile par le fait que la guitare prêtée par le guitariste de Toxique n'avait plus que deux cordes et qu'un larsen empêchait d'entendre quoi que ce soit. On s'est bien amusé quand même. C'est après que Philippe Bodet a été pris en stop par la vespa de Claude.

[posté le 9 janvier 2009]

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